à la une
Nike : La SB Dunk High « Strawberry » est enfin là
Rap US : Veeze, une plongée dans l’inexploré
Musique : notre sélection des meilleurs clips
Rap FR : Quand les rappeurs samplent les animés
Sneakers : les sorties à venir du week-end 22 Juin 2019
AdultSwim : la chaîne débarque en France
Nike x Travis Scott : un restock de la Air Jordan 1 Low prévu prochainement
Luks Kebab : des kebabs personnalisables
Art Ludique : le musée rouvrira ses portes en 2021
Sneakers : les sorties du week-end du 13 décembre 2019
Trente Trois Degrés : Le média de toute une génération
  • Accueil
  • Actualité
  • Art
  • Mode
  • Musique
  • Lifestyle
  • Sneakers
Accueil Musique Kelela : “Raven”, le chagrin existentiel d’une identité marginalisée
Musique

Kelela : “Raven”, le chagrin existentiel d’une identité marginalisée

par Sarah Chastan 15 mars 2023
par Sarah Chastan 15 mars 2023
891

Parler de musique semble absurde lorsque dans ce domaine ce qui importe n’est pas d’avoir raison, du goût ou bien de la culture, mais plutôt de faire de la musique. Mais, dès que l’esprit créatif est animé par un dégoût politique ou un découragement face à la manière dont l’époque contemporaine agit, la discussion peut avoir lieu d’exister. Il en va ainsi concernant Kelela Mizanekristos.

Des tas de choses ne se font pas oublier. Tout comme son premier album Take Me Apart sorti en 2017, acclamé par la critique – plus encore, salué par Björk et Solange. Tout comme, d’autre part, les violences injustifiées et racistes marquées avec indignation par le meutre de George Floyd en 2020. Les tensions sociales qui ont suivi l’évènement, ainsi que la vie en tant que femme noir queer, lui ont permis d’établir sa vision de l’art brisant les limites. Avec Raven, Kelela propose la suite de son premier album à travers un RnB hypermoderne mettant le perfectionnisme créatif ainsi que la productivité infatigable sur le dos du capitalisme et de la suprématie blanche. 

Originaire du Maryland, Kelela grandit dans une famille immigrée d’Ethiopie et connaît par cœur les récits d’assimilation. Elle découvre grâce à sa mère l’univers du jazz autour de chanteuses comme Natalie Cole et Sarah Vaughan ; du côté de son père c’est plutôt Tracy Chapman. Du haut de ses 5 ans, elle assiste à une représentation de Sarafina!, la comédie musicale sud-africaine lors du soulèvement étudiant de Soweto en 1976, lui faisant découvrir la musique puissante et politique de Miriam Makeba. En outre, Kelela tire ses influences de Whitney Houston et Mariah Carey pour qui elle porte un amour inconsidérable. Cela ne lui empêchera pas, toutefois, de se consacrer à d’autres genres tels que l’emo, la punk ou le grime. 

Une musique sensuelle, spirituelle, éternelle… traversée par la tempête

Cette curiosité musicale se fait entendre au défilé des 15 titres de Raven. Produit par Asmara (Asma Maroof de Nguzunguzu), coproduits par LSDXOXO, Bambii et Kaytranada, l’album se laisse guider par le RnB, le 2 step, la dance music et l’art du sound design. À l’écoute, le temps est suspendu et l’auditeur est transporté mais pas prêt d’imaginer que le texte est ouvertement politique. “Missed Call”, “Divorce” ou bien “Holier” livrent les réflexions personnelles de la chanteuse en passant par des métaphores de lutte contre le patriarcat et le racisme. Il en résulte une ambiguïté entre oppression et émancipation qui fait écho à la pochette de l’album.

«L’eau est l’endroit de la renaissance baptismale, et le symbole du sentiment profond de purification que j’ai ressenti en faisant ces chansons. J’étais obsédée par cette thématique de la régénération par l’eau avec ces deux termes qui revenaient ensemble, “far away, washed away”. Mais l’eau peut aussi vous projeter contre les rochers et vous tuer. Vous noyer, vous submerger. Je voulais que cette ambiguïté se voie sur la pochette parce qu’elle s’entend dans la musique. Elle est plus liquide, spacieuse, le coup de pinceau est plus appuyé. C’est un disque plus sombre mais plus libre. Ma catharsis, et la joie d’être arrivée au bout, d’avoir traversé la tempête», confie Kelela à Libération

>> À LIRE AUSSI | Brö : “Moderne Féministe”, son nouveau single fédérateur

Pour Kelela, l’industrie musicale concentre tout ce qu’il y a de plus redondant dans sa fonction de produire et de publier à la chaîne. Là, s’y trouve l’héritage du capitalisme qui prône une production à grande échelle, touchant un public toujours plus large afin de faire augmenter les revenus. De son côté, la volonté propre de sa musique aspire plutôt à aider les autres, particulièrement les femmes noires à se détacher des sentiments d’isolement et d’aliénation à leur statut. 

«Le syndrome de l’imposteur et le perfectionnisme sont intimement liés. Une manière de faire rentrer les gens de force dans une certaine norme sociale. Les noirs ne sont pas les seules victimes de la culture du suprémacisme blanc. Les blancs également. Mais de mon point de vue, ça a affecté ma manière de créer. C’est pour ça que j’ai refusé de travailler avec des gens de la pop sur ce disque. Vous ne trouverez aucun expert blanc qui serait venu polir mes chansons en bout de chaîne. Je voulais sortir de ce modèle, devenu une tradition dans la musique électronique, des musiciens noirs dont on viendrait faire raffiner les morceaux par des blancs. Ça ne veut pas dire que je ne travaillerai plus jamais comme ça. Mais pour ce disque, il fallait que je réagisse à mon état émotionnel du moment, que je mette à profit ce projet pour dissiper les peurs et me soigner.» (Cf Libération).

Raven de Kelela est une douce explosion rythmique qui aborde les relations brisées avec sincérité. Depuis 2017, elle ne s’est jamais arrêtée de composer à la recherche d’émotions nouvelles ; persuadée qu’il n’y a rien de plus superficiel que la musique produite par des artistes soucieux de la profondeur mais dépourvus du talent ou de la patience nécessaires pour l’atteindre.

Son engagement critique parvient à rappeler que les oppressions existent sous de nombreuses formes, mais fonctionnent toutes de la même manière. Kelela est une incontournable révélation pour les novices, pour les initiés ce n’est que la référence de velours et de soie de l’élévation.

La chanteuse américaine sera en concert le 8 avril au Trianon, à Paris. 

Kelela
1 FacebookTwitterLinkedinWhatsappEmail
Sarah Chastan

article précédent
Nocta : voyager dans les îles avec « Turks & Caicos Spring Break »
prochain article
KAWS : son exposition « TIME OFF » à Skarstedt

Articles conseillés :

RAP: Les 7 livres qu’il vous faut

30 octobre 2023

TRIPLEGO : Le retour bouillant du groupe avec « Calle »

17 juin 2022

Rap/ musique FR : Retour sur 5 sorties d’octobre 2023

25 octobre 2023

Orelsan : la série-documentaire événement « Montre jamais ça à personne »

25 octobre 2021

TK : Son nouvel album « Avant la fête » et sa promo...

4 juillet 2022

Lil Uzi Vert : enfin une date de sortie pour Eternal...

5 juin 2019

1 commenter

PinkPantheress : la pop britannique emprunte au ciel avec "Heaven Knows" 12 novembre 2023 - 22h11

[…] assistée par Mura Masa ou BNYX. D’autre part, les combinaisons de styles distinctifs de Kelela, Rema ou encore Central Cee font leur […]

Répondre

Écrire un Commentaire Annuler la réponse

Suivez-nous :

Facebook Twitter Instagram Linkedin

Derniers Tweets :

Tweets de 33Degres

À propos de Trente Trois Degrés

Au cœur de la street-culture depuis toujours, Trente Trois Degrés et ses équipes partagent quotidiennement les dernières actualités lifestyle et urbaines. Présent là où il le faut, nous analysons avec vous les tendances à suivre et nous mettons en lumière les talents émergents qui influenceront le monde de demain.

Chaud, ambitieux et visionnaire, Trente Trois Degrés se veut le média de toute une génération.

Autres :

  • Contactez-nous
  • Notre équipe
  • Nous partager sa musique
  • Politique de cookies (UE)
  • Proposer un article
  • Rejoindre l’équipe Trente Trois Degrés
  • Facebook
  • Twitter
  • Instagram
  • Linkedin

© 2021 - Trente Trois Degrés Média. Tous droits réservés.

Trente Trois Degrés : Le média de toute une génération
  • Accueil
  • Actualité
  • Art
  • Mode
  • Musique
  • Lifestyle
  • Sneakers

Articles Similaires :x

The Kid LAROI : la partie 1 de Kids Are...

16 février 2023

Philharmonie : exposition événement avec la mise à l’honneur de...

17 octobre 2022

Dirtyfieur : la « Dirty Family Tape » arrive

26 juin 2023
Gérer le consentement aux cookies
Nous utilisons des cookies pour optimiser notre site web et notre service.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}